Mabon : origines, traditions et célébration du Sabbat d’automne

Publié par Céline Guyot dans Ésotérisme le 25 sept. 2026

Mabon : origines, traditions et célébration du Sabbat d’automne

Les jours raccourcissent, la lumière devient plus douce et les premières couleurs d’automne apparaissent dans les paysages. Autour du 20 au 23 septembre dans l’hémisphère Nord, l’équinoxe marque un nouveau tournant dans le cycle des saisons.


C’est à cette période que se célèbre aujourd’hui Mabon, l’un des huit Sabbats de la Roue de l’Année. Associé aux récoltes de l’automne, il évoque également l’équilibre, la gratitude et le passage progressif vers la saison sombre.


Pourtant, contrairement à ce que l’on peut parfois lire, Mabon n’est pas une ancienne fête celtique célébrée depuis des siècles sous ce nom. Le Sabbat de Mabon, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est une construction beaucoup plus récente, même si l’équinoxe et les traditions liées aux récoltes possèdent une histoire bien plus ancienne.


Alors d’où vient réellement Mabon, pourquoi porte-t-il ce nom et comment l’équinoxe d’automne est-il devenu l’un des huit Sabbats de la Roue de l’Année ?

L’équinoxe d’automne, un tournant dans l’année


Dans l’hémisphère Nord, l’équinoxe d’automne se produit généralement autour du 22 ou du 23 septembre. Il marque le passage de l’été à l’automne et correspond à cette période particulière où le jour et la nuit sont presque de même durée.


Cette proximité entre lumière et obscurité a naturellement fait de l’équinoxe un puissant symbole d’équilibre. Mais cet équilibre ne dure qu’un instant : après l’équinoxe, les nuits deviennent progressivement plus longues que les jours.


La lumière décline, les températures commencent à baisser et la nature se transforme. L’automne s’installe, annonçant peu à peu la saison sombre.


L’équinoxe marque ainsi un seuil dans l’année : un moment d’équilibre avant que le cycle des saisons poursuive son chemin vers l’hiver.


Mabon : un Sabbat au nom beaucoup plus récent


Si l’équinoxe d’automne existe depuis que la Terre suit son cycle autour du Soleil, le Sabbat appelé Mabon est, lui, beaucoup plus récent.


Contrairement à une idée très répandue, nous ne connaissons pas d’ancienne fête celtique de l’équinoxe d’automne portant ce nom.


L’utilisation de Mabon pour désigner ce Sabbat apparaît dans le paganisme contemporain dans les années 1970. Aidan Kelly, alors qu’il travaillait à la création d’un calendrier païen, cherchait un nom pour l’équinoxe d’automne. Il choisit celui de Mabon, personnage issu de la tradition mythologique galloise. Kelly a lui-même raconté avoir fait ce choix en 1974 avant que le terme ne se diffuse progressivement dans le vocabulaire païen.


Autrement dit, Mabon n’est pas le nom retrouvé d’une ancienne célébration celtique oubliée. C’est un nom moderne donné à l’équinoxe dans le cadre de la construction de la Roue de l’Année contemporaine.


Mais qui est Mabon ?


Le nom vient de Mabon ap Modron, personnage de la tradition galloise dont le nom peut être compris comme "Mabon, fils de Modron".


Son histoire apparaît notamment dans le récit médiéval gallois Culhwch ac Olwen. Mabon y est présenté comme ayant été enlevé à sa mère alors qu’il n’avait que trois nuits. Sa recherche conduit les héros à interroger successivement plusieurs animaux très anciens avant de découvrir l'endroit où il est retenu prisonnier.


Il sera finalement retrouvé et libéré afin de participer à la quête de Culhwch.


Mais cette histoire ne raconte pas une ancienne fête de l’équinoxe d’automne, pas plus qu’elle ne présente Mabon comme une divinité des récoltes célébrée à cette période.


C’est Aidan Kelly qui établira bien plus tard ce rapprochement en cherchant, pour l’équinoxe d’automne, un récit qu’il estimait symboliquement comparable aux mythes de disparition et de retour qu’il associait au cycle saisonnier.


Le nom est donc moderne, le personnage mythologique est ancien, et l’équinoxe l’est évidemment bien davantage encore.

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Récoltes et traditions de l’automne


Bien avant que le nom de Mabon ne soit associé à l’équinoxe, la fin de l’été et le début de l’automne étaient déjà étroitement liés aux récoltes dans de nombreuses sociétés agricoles.


Selon les régions, les cultures et les époques, cette période pouvait correspondre à la récolte des céréales, des pommes, des noix, des raisins ou encore des légumes destinés à être conservés pour les mois suivants. Elle représentait une étape essentielle de l’année : ce qui avait été semé et cultivé pouvait enfin être récolté, stocké, transformé et partagé.


Il n’existe cependant pas une unique "fête ancienne de l’équinoxe" commune à toutes les populations européennes. Les coutumes dépendaient du calendrier agricole local et les récoltes ne se terminaient évidemment pas partout au même moment.


Dans les îles Britanniques, par exemple, certaines traditions de fin de récolte se sont retrouvées au fil du temps autour de Michaelmas, la Saint-Michel, célébrée le 29 septembre. Située peu après l’équinoxe, cette date a longtemps servi de repère dans l’année agricole et sociale et pouvait marquer la fin de la période des récoltes.


Pommes et fruits d’automne, céréales, pains, noix, courges ou raisins qui apparaissent aujourd’hui dans les célébrations de Mabon puisent donc dans un imaginaire saisonnier beaucoup plus vaste que le Sabbat lui-même.


Ils évoquent naturellement l’abondance de la terre à cette période, mais aussi quelque chose de très concret : préparer les réserves avant l’arrivée des mois plus froids.


Mabon dans la Roue de l’Année aujourd’hui


Dans la Roue de l’Année contemporaine, Mabon se situe entre Lughnasadh et Samhain. Après les premières récoltes célébrées à Lughnasadh, il accompagne l’équinoxe d’automne et le basculement progressif vers la saison sombre.


La notion de gratitude occupe aujourd’hui une place importante dans sa célébration. Elle peut simplement consister à prendre conscience de ce que l’année a apporté, de ce qui a grandi ou abouti, mais aussi de ce qui n’a pas donné les résultats espérés.


L’image de l’équinoxe apporte également celle de l’équilibre : entre lumière et obscurité, activité et repos, ce qui a été accompli et ce qui reste encore à faire.


Mais Mabon n’est pas encore Samhain. La nature ne s’est pas endormie et l’année n’est pas arrivée à son terme. C’est un temps de transition, où l’on profite encore de l’abondance de l’automne tout en voyant déjà se rapprocher les jours plus courts.

Comment célébrer Mabon aujourd’hui ?


Célébrer Mabon ne demande pas nécessairement de suivre un rituel particulier. Le Sabbat peut simplement être l’occasion de prendre conscience du changement de saison, de profiter des richesses de l’automne et de marquer symboliquement ce passage dans l’année.


Observer l’arrivée de l’automne


Une promenade est sans doute l’une des façons les plus simples de célébrer Mabon. Forêt, campagne, parc ou même jardin : l’essentiel est de prendre le temps d’observer les couleurs qui changent, la lumière qui évolue et les premiers signes de l’automne.


Quelques feuilles tombées, glands, pommes de pin ou autres éléments ramassés au sol peuvent également servir à créer une décoration saisonnière à la maison.


Faire entrer l’automne dans la maison


Pommes, courges, noix, feuilles colorées, branches, fleurs de saison ou bougies permettent de créer une ambiance inspirée de cette période de l’année.


Si vous possédez un autel, vous pouvez également le décorer avec les éléments qui représentent pour vous l’automne, les récoltes ou l’équilibre associé à l’équinoxe.


Préparer un repas de saison


Mabon étant aujourd’hui étroitement associé aux récoltes, la cuisine y trouve naturellement sa place.


Pommes, raisins, courges, noix, légumes racines, céréales ou pain peuvent composer un repas préparé avec des produits de saison, à déguster seul ou à partager avec les personnes qui vous sont chères.


Prendre un moment pour apprécier ce qui est là


La gratitude occupe une place importante dans les célébrations contemporaines de Mabon. Il n’est pas nécessaire d’en faire un grand rituel : quelques minutes peuvent suffire pour regarder ce qui a trouvé sa place dans votre vie au cours des derniers mois.


Ce peut être un projet qui a abouti, une difficulté traversée, une rencontre, une évolution personnelle ou simplement quelque chose dont vous avez envie de profiter pleinement aujourd’hui.


Rechercher son propre équilibre


L’équinoxe peut enfin devenir un symbole pour réfléchir à l’équilibre dans son quotidien.


Qu’est-ce qui prend actuellement trop de place ? Qu’est-ce qui en manque ? Où avez-vous besoin de ralentir, et où souhaitez-vous au contraire consacrer davantage d’énergie ?


Mabon peut ainsi devenir une pause dans le cycle de l’année : un moment pour apprécier ce qui est présent, retrouver son équilibre et accueillir doucement la saison qui commence.

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Les correspondances de Mabon


Dans les pratiques ésotériques contemporaines, différentes couleurs, plantes, pierres, divinités ou intentions sont associées à Mabon. Ces correspondances permettent de prolonger symboliquement les thèmes du Sabbat et peuvent notamment accompagner un autel, une méditation ou simplement l’ambiance donnée à sa célébration.


Voici les correspondances de Mabon que j’utilise comme référence, principalement issues de l’ouvrage de Sandra Kynes, Le Grand Livre des Correspondances :


Encens : bois de santal, sauge, cannelle, benjoin, myrrhe, cèdre...


Plantes :
• Lierre (équilibre, protection...)
• Fougère (protection, purification, lâcher-prise...)
• Vigne (abondance, croissance, inspiration...)
• Sauge (ancrage, purification, spiritualité...)
• Mûrier sauvage (ancrage, purification, protection...)
• Chrysanthème (protection, bonne humeur...)
• Œillet d’Inde (paix, réconfort, protection...)


Déesses : Epona, Ishtar, Korê, La Morrigan, Perséphone...


Dieux : Dionysos, Hermès, Thot...


Aliments : noisette, noix, pomme, maïs, haricot, carotte, courge, pomme de terre, oignon, céréales et, par extension, le pain (pain au maïs, pains aux céréales...)


Couleurs : brun, doré, marron, orange, jaune, violet, bleu.


Pierres : Améthyste, Cornaline, Topaze jaune.


Intentions : ancrage, équilibre, gratitude, réalisation, objectifs, protection, purification.

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Mabon, lorsque l’automne trouve son équilibre


Mabon marque un moment particulier dans la Roue de l’Année. L’été vient de s’achever, l’automne commence et la lumière poursuit doucement son déclin. Autour de nous, les paysages changent tandis que les récoltes rappellent tout ce que la saison a permis de faire grandir.


Son histoire montre aussi combien les traditions peuvent évoluer. Le nom de Mabon est récent, mais le moment qu’il célèbre ne l’est pas : l’équinoxe, les récoltes et le passage vers les mois plus sombres accompagnent les sociétés humaines depuis bien longtemps.


Aujourd’hui, Mabon peut simplement nous inviter à profiter de cette transition. À apprécier ce qui est là, à reconnaître ce qui a été accompli et à rechercher un équilibre avant d’entrer pleinement dans la saison sombre.


La Roue poursuit alors son mouvement. Après les premières récoltes de Lughnasadh et l’équilibre de Mabon viendra Samhain, lorsque le cycle basculera davantage encore vers l’obscurité avant de recommencer, un peu plus tard, son chemin vers la lumière.


Mabon nous rappelle que l’équilibre n’est pas un état immobile, mais un instant de passage où l’on peut apprécier ce qui est là avant de poursuivre son chemin.

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