La Légende de SÉLÉNIEN - Le Charme du Temps
Publié par Céline GUYOT dans Légendes de la Maison des Astres Le
01/08/2026 à 22:50
Dans la Maison des Astres, il existe une petite cour à ciel ouvert que l’on ne trouve sur aucun plan.
En son centre repose un bassin rond.
Et dans ce bassin pousse un unique lotus.
Personne ne sait qui l’a planté.
Les plus anciens habitants de la Maison racontent qu’il était déjà là lorsque furent dessinées les premières cartes du ciel.
La fleur possède pourtant une étrange particularité.
Chaque nuit, elle change.
Lorsque la lune commence à croître, quelques pétales s’entrouvrent.
Nuit après nuit, ils deviennent plus nombreux.
Lorsque vient la pleine lune, le lotus apparaît entièrement déployé sur l’eau.
Puis ses pétales commencent lentement à se refermer à mesure que l’astre décroît.
Depuis des générations, les habitants de la Maison observent ce phénomène.
Ils connaissent parfaitement son rythme.
Ils savent ce qu’ils découvriront au matin.
Mais personne n’a jamais réussi à voir le lotus changer.
Un soir, un jeune observateur décida de résoudre le mystère.
Il s’installa au bord du bassin avant le coucher du soleil.
Il ne dormit pas.
Il ne quitta pas la fleur des yeux.
La lune traversa lentement le ciel.
Les heures passèrent.
Et le lotus ne bougea pas.
Lorsque les premières lueurs du matin apparurent, le jeune homme sourit.
Il était certain d’avoir enfin déjoué l’étrange phénomène.
Puis il regarda la fleur.
Un pétale supplémentaire était ouvert.
Il resta longtemps devant le bassin.
Il savait qu’il n’avait pas détourné les yeux.
Pas une seule fois.
Pourtant, quelque chose avait changé.
On raconte qu’après cette nuit, les habitants de la Maison cessèrent peu à peu d’essayer de surprendre le lotus.
Ils représentèrent simplement les phases de la Lune au-dessus de lui.
Et donnèrent à l’ensemble un nom : Sélénien.
Aujourd’hui encore, le lotus continue de changer au rythme du ciel.
Certains ont tenté de le photographier.
D’autres ont installé des instruments autour du bassin.
Aucun n’a jamais découvert à quel instant ses pétales bougent.
Car entre deux phases de la Lune, quelque part au milieu d’une seconde que personne ne semble capable de saisir ...
le temps est déjà passé.