La Légende de MÉRYA - Le Charme de l'Aube
Publié par Céline GUYOT dans Maison d'Isis Le
02/08/2026 à 22:23
On raconte qu’avant que les premiers temples ne s’élèvent au bord du Nil, une vieille croyance circulait déjà parmi les voyageurs.
Elle disait qu’après certaines nuits, l’aube ne ramenait pas seulement la lumière.
Elle apportait quelque chose qui n’existait pas encore.
Une possibilité.
Un chemin.
Parfois simplement l’envie d’essayer une nouvelle fois.
Beaucoup cherchèrent longtemps ce mystère dans le ciel.
Ils observèrent l’horizon.
Attendirent le premier rayon du Soleil.
Pourtant, les anciens racontent que ce n’est jamais là qu’il apparaissait.
Il avançait tout près de la terre.
En silence.
Porté par un petit scarabée aux ailes déployées.
Nul ne savait d’où il venait.
Chaque matin, il suivait les premières lueurs du jour avant de disparaître quelque part au-delà des dunes.
Un voyageur décida un jour de le suivre.
Il marcha longtemps derrière lui.
Lorsque le Soleil apparut enfin à l’horizon, il demanda :
- "Où me conduis-tu ?"
Le scarabée poursuivit sa route.
- "Vers quelque chose de nouveau ?"
Aucune réponse.
- "Vers une vie différente ?"
Toujours rien.
Alors le voyageur s’arrêta.
- "Que suis-je censé trouver ?"
Cette fois, le scarabée déploya ses ailes.
Le premier rayon du Soleil traversa leur finesse et vint éclairer le chemin devant lui.
Rien n’avait changé.
Le désert était toujours le même.
Ses souvenirs étaient toujours là.
Ses incertitudes aussi.
Et pourtant …
devant lui se trouvait un jour qu’il n’avait encore jamais vécu.
Alors il comprit.
L’aube ne promettait pas que tout serait différent.
Elle ne faisait disparaître ni les nuits traversées, ni les chemins déjà parcourus.
Elle offrait simplement quelque chose qu’aucune nuit ne pouvait offrir : un jour qui n’avait pas encore commencé.
Le voyageur releva les yeux.
Mais le scarabée avait disparu.
Depuis ce temps, lorsque les premières lueurs éclairent la Maison d’Isis, certains racontent apercevoir ses ailes traverser le soleil levant.
Ils l’appellent Mérya.
Et son apparition rappelle à ceux qui en ont besoin qu’un nouveau jour n’a pas à effacer celui qui l’a précédé pour porter en lui une possibilité nouvelle.
"L’aube ne promet pas que tout changera. Elle rappelle simplement que tout n’est pas encore écrit."